Massy Vilgénis

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A Massy-Vilgénis, l’artiste Eva Jospin utilise l’imaginaire de la forêt pour réaliser une façade-écorce avec « L’Allée du Parc», un projet de Brisac Gonzalez Architecture pour Emerige

Avec aussi Scoping et Base Architecture.

Le bois habité continue d’accueillir de nouveaux habitants. Dans ce quartier-lisière de l’espace naturel de Vilgénis, un esprit « communauté de la forêt » se dégage déjà quand on aperçoit entre les projets architecturaux qui s’érigent au milieu des arbres, çà et là des potagers, des espaces prêts à accueillir du compost, ou encore des pergolas ou terrasses en bois imaginées pour la fête, et si chacun des habitants va pouvoir y mener une vie paisible, cela ne se fera pas sans lien social et échanges humains, permis par la configuration exceptionnelle de cet habitat partagé.

Cet îlot, tel un sémaphore particulièrement visible de la rue de Vilgénis, accueillera des commerces de proximité et marque l’entrée du nouveau quartier aux côtés du groupe scolaire.

Ce projet comprend des logements mais aussi une crèche de 45 berceaux

Le projet d’aménagement des espaces extérieurs s’accompagne de qualité éveillant le désir de vivre dans cette lisière : richesse des échanges, diversité des possible, évolution permanente, forgeant une nouvelle convivialité. L’architecte a choisi de croiser les tendances émergentes des modes d’habiter avec les caractéristiques du site, dans une optique soucieuse de l’environnement.

La conception architecturale

L’ensemble du bâti constitue la « vitrine » du nouveau quartier, attentifs aux continuités écologiques, écosystèmatiques, aux trames vertes et bleues, participant fortement à une homogénéité de perception des ensembles bâtis et au bien-être des habitants.

Les constructions sont confinées sur le pourtour de la parcelle, sans aucune intervention en cœur d’îlot, ni en superstructure, ni en infrastructure, préservant ainsi entièrement la pleine terre.

La générosité des commerces au rez-de-chaussée contribue à l’importance de la façade sud et à la vie de la place. La porosité sur la place, et par deux failles sur les voies latérales permettent une fluidité entre l’espace public et l’espace privé. Au nord de la parcelle, c’est par l’entrée de la crèche, large et entièrement transparente, que se fait cette liaison vers le cœur d’îlot depuis la place des écoles.

La toiture du bâtiment a une place primordiale dans le projet, et est conçue pour être habitée et partagée. Le bâtiment surplombe la partie boisée du site, et depuis les étages et les toits les vues sont dégagées vers la nature. Le toit est sculpté en terrasses ; les hauteurs varient en fonction des orientations et des altimétries du terrain dont elle s’inspire.

Les façades, tant à l’extérieur du bâtiment qu’en cœur d’îlot ont un parement en béton matricé. L’intervention de l’artiste Eva Jospin a mis au point le graphisme de ces matrices qui se développent sur l’intégralité du bâtiment.

Artiste plasticienne, Eva Jospin nous fait entrer dans la forêt et dans un monde onirique…

‘Je sculpte des forêts en carton dans un geste désespéré’, dit Eva Jospin, qui exposait une partie de son travail au Musée de la Chasse et de la Nature dont la structure cartonnée plissée formait un passage en alcôve, presque religieux cet hiver…

L’artiste remet la nature en avant avec un geste profondément écologique ; cet amour de la nature et sa sauvegarde, c’est ce qu’on a perçu d’Eva dans ce musée.

En parcourant ses œuvres, au fil de différentes expositions que nous avons pu découvrir, on se retrouve plongés dans une cabane, un abri, on parcourt une forêt…
Si en 2009, l’œuvre créée par Eva Jospin est aérienne, l’artiste en 2021 travaille davantage les strates.
On est davantage dans l’effet de trompe l’œil , l’illusionnisme le plus total …

Lorsque PariSudam intervient pour habiter la forêt, son ambition est de ne pas dénaturer, de concevoir avec l’existant.

Alors quoi de plus naturel que d’accueillir Eva Jospin (artiste de la Fondation Emerige)* ?

Cette façade qui sous le travail de l’artiste devient alors « écorce » et rencontre du trompe-l’œil avec la délicatesse.

Dans cette opération, les rez-de-chaussée sont prolongements des espaces verts, et c’est comme si les logements avaient toujours été là, des abris généreux et lumineux qui vont éclore à travers les arbres centenaires des 20 ha qui accueillent le quartier Massy-Vilgénis.

 

L’aménagement paysagé

Le jardin en cœur d’îlot, conçu comme un espace boisé et traité de façon naturelle est non seulement une introduction au caractère forestier du quartier, mais il assure également la continuité végétale.

Les espaces extérieurs collectifs, et encore plus les jardins potagers, contribuent à la vie de voisinage, au lien social, et à la sensibilisation à la nature et l’agriculture.

Le projet distingue : le jardin du cœur d’îlot, la cour de la crèche, les jardinières sur rues, les terrasses en toitures

Le jardin du cœur d’îlot – Densément boisé il se compose de différentes ambiances : un bosquet et des sous-bois denses qui vont développer l’imaginaire du bois

La cour de la crèche – séparée du reste de l’îlot par une clôture, composée de plusieurs essences locales, complémentaires, melifères et non-allergènes.

Les jardinières sur rues – sur la périphérie du bâtiment, au rez-de-chaussée sur rue, des jardinières viennent habiller les pieds de façades

Les terrasses en toiture – elles encouragent la vie de voisinage et les usages collectifs

 

*On retrouve Eva Jospin aussi dans la galerie Suzanne Tarazieve aux côtés d’Emmanuel Perrotin.

 

21/07/2022